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Sujet: Les étoiles pour spectatrices Mer 22 Juil - 23:03 |
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La nuit. Reino venait de sortir du cabinet où elle venait d'interviewer un avocat. Un garçon sympathique, somme toute, mais ennuyeux. Il était vrai que quand, comme elle, trois fois par mois, durant la pleine lune, on se retrouvait sous le joug de sa moitié animale, et qu'on avait tendance à rencontrer des gens pas normaux, la vie de tout les jours devenait ... brusquement ennuyeuse. Mais elle apprécier cet ennui. Quand elles s'endormait la nuit, elle avait l'impression d'avoir avancé - ce qui n'était pas le cas, mais bon, les illusions servent à cela, non ?
L'odeur polluée de la ville lui fit froncer le nez, tandis qu'elle tournait le coin de la rue. Habillée de son débardeur noir, dénudant son épaule tatouée, et d'un short blanc de cuir, elle gardait toujours cette allure de fantôme. Les cheveux décorés d'une pince de perles bleues, simple coquetterie, elle avait l'allure presque normale - si on ne comptait pas ses yeux bleus sombre aux reflets d'argent, sa peau pâle comme l'albâtre et ses cheveux fins et neigeux comme des flocons. Mais Reino avait l'habitude du regard des autres, et ne s'en souciait plus. Pourquoi le phénomère de société devait-elle la toucher, pourquoi devait-elle se sentir concernée si les gens la trouvaient bizarres ? Elle vivait ainsi depuis plus de cinq siècles, elle n'allait pas commencer maintenant à stresser à cause des autres. Elle avait déjà assez souffert du regard quand elle était humaine. Sawyer lui avait appris à s'accepter, et il lui avait fait comprendre que les idiots qui la jugeaient sur son physique ne valaient pas la peine qu'elle se fasse de mouron. Il n'avait pas tort. Sawyer navait jamais tort ... Reino eut un pâle sourire.
La lune, croissant pâle, comme un sourire, était levée. Ce n'était pas encore son tour. Reino s'arrêta à un passage piéton, et s'éloigna des rues piétonnes, où la foule la mettait mal à l'aise. Trop d'odeurs, trop de rapprochement corporels. Ses sens étaient en ébullition - encore heureux que la pleine lune n'approchait pas ! Elle s'éloigna, et arrivée à un endroit à peu près désert, elle prit même le luxe de retirer ses chaussures et de marcher pieds nus sur les dalles de la ville. Elle n'avait pas peur de se salier : elle sentait sous ses pieds le passage des gens avant elle. Pratique, les sens de loup. Elle fourra ses chaussures dans son sac, avec soncarnet d'interview, ses lunettes de soleil et sa casquette. Reino leva les yeux au ciel, et laissa le vent fouetter son visage et faire danser ses cheveux. Ils avaient un peu poussés, d'ailleurs, lui arrivant aux épaules, longue chevelure cascadant sauvagement, aussi blanche que la craie, aux reflets d'argent sous la Lune. L'astre lunaire semblait veiller sur sa fille. Reino cessa soudain de tourner sur elle même comme une gamine. Une odeur, une présence, qu'elle n'avait pas sentie auparavant. Les réverbères s'éteignirent - il était donc si tard que cela ? Elle ne faisait plus attention à l'heure. L'odeur lui semblait ... pas familière, mais déjà sentie. Un vampire. Elle fronça les sourcils, le visage levé, les yeux fermés sur ses prunelles de glace. Elle sembla humer l'air. Qui était-ce ? Elle posa son sac sur la place dallée ; il n'y avait personne à cette heure, tous les magasins étaient fermés, et elle ne sentait aucune présence dangereuse. Juste une présence vampirique. Ce n'était pas Eleazar, elle s'était assez imprégnée de son odeur pour reconnaître le vampire qui lui avait sauvé la vie.
- Montrez-vous.
Sa voix, presque joyeuse et guillerette, s'éleva dans le silence, à la fois cristalline, qui portait ; et en même temps chuchotis, pour ne réveiller quiconque. Elle garda les yeux fermés, les sens aux aguets. Il ne fallait pas avoir peur, elle ne mangeait personne. Elle émit un rire involontaire, qui secoua ses épaules, faisant danser son tatouage sur son omoplate. Elle cessa son rire argentin, et se retourna dans une direction, où elle avait senti la silhouette s'approcher. Un sourire amical étira ses lèvres.
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